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Méthodologie de l'épreuve d'histoire.


Le programme d'Histoire

Types de sujets possibles parmi les questions au programme.

1) Période 1945-1960

a. L'après-guerre
– Bilan de la Deuxième Guerre mondiale.
– Le monde en 1945-1947.
b. Un monde bipolaire
– La guerre froide.
– Le bloc de l'Est en 1947-1960 (URSS, démocraties populaires, Chine communiste).
– Le bloc de l'Ouest en 1947-1960 (alliances, reconstruction de l'Europe).
– La décolonisation en Asie et en Afrique.

2) Période 1960-1975

– La croissance économique et ses conséquences sociales.
– Les relations Est-Ouest : la Détente.
– Le Tiers-Monde : non-alignement et dialogue Nord-Sud.

3) Période 1975 à aujourd'hui

– La crise économique et ses conséquences sociales.
– Les relations Est-Ouest jusqu'à la chute du bloc soviétique.
– Le monde actuel : les régimes politiques (démocraties), l'ONU.

-4) la France de 1945 à aujourd'hui

a. L'évolution politique et économique
– La France au lendemain de la guerre (1944-1946).
– La IV` République : institutions, vie politique, croissance économique, décolonisation.
– la V' République sous de Gaulle (1958-1969) : institutions, vie politique, croissance économique, guerre d'Algérie, crise de mai 1968.
– la V' République sans de Gaulle (1969 à aujourd'hui) : vie politique, crise économique.
b. L'évolution sociale, la France dans le monde
– les transformations de la société française depuis 1945.
– la France dans le monde : décolonisation, construction de l'Europe, les moyens de la puissance française, la francophonie.

L'épreuve écrite

A) La présentation des sujets

• Trois sujets au choix :
– 2 dissertations
– 1 commentaire de documents
• Les dissertations portent sur une ou plusieurs parties du programme. Elles sont en général accompagnées, lorsque cela est nécessaire, d'une chronologie, d'une carte ou de quelques statistiques.
• Le commentaire de documents comporte le plus souvent un ou plusieurs textes de quelques dizaines de lignes. Mais il peut s'agir parfois de cartes, de statistiques, de courbes ou de graphiques, de caricatures ou de photographies, de courtes chronologies, etc. Le titre de chaque document aide à en comprendre l'essentiel. Le titre de l'ensemble des documents donne l'énoncé du sujet. Des questions permettent de commenter les documents suivant un ordre logique :
– La première question porte sur l'auteur du texte et les circonstances, ou sur la nature des documents et le résumé de leur contenu. Elle constitue l'introduction du commentaire.
– Les questions suivantes portent sur des thèmes précis qui permettent de progresser dans l'analyse du ou des documents.
– La dernière question invite à faire une synthèse qui démontre l'intérêt historique du document étudié (leçons à tirer, suite des événements, etc.).

. La durée de l'épreuve

• L'épreuve écrite d'histoire et de géographie dure 4 heures. Il faut traiter un sujet d'histoire sur les trois proposés et un sujet de géographie sur les trois proposés. En principe, il faut donc traiter le sujet d'histoire en 2 heures.
Il est extrêmement important de surveiller l'heure tout au long de l'épreuve.
• Supposons par exemple que l'épreuve commence à 8 heures et que vous avez choisi de traiter d'abord le sujet d'histoire. Entre 8 heures et 10 heures, vous pouvez organiser votre temps de la manière suivante :

1. De 8 heures à 8 heures 10 (10 minutes) :
• Lire plusieurs fois chacun des 3 sujets en pesant le pour et le contre :
– les sujets peuvent être plus ou moins faciles en apparence, il faut réfléchir quelques minutes sur toutes les questions qu'ils peuvent poser ;
– les sujets peuvent correspondre plus ou moins aux chapitres que vous connaissez le mieux, il faut trouver très vite quelles sont vos forces et vos faiblesses sur chaque sujet.

2. De 8 heures 10 à 8 heures 45 (35 à 40 minutes)

a) Si vous avez choisi l'une des dissertations
• Pour chaque problème que pose le sujet, écrivez au brouillon vos grandes idées : – il ne faut rédiger au brouillon que l'introduction et la conclusion car vous n'aurez pas le temps de recopier le développement au propre ;
– indiquez les mots-clés, les dates, les noms, les chiffres importants dont vous aurez besoin, afin de ne pas les oublier ensuite.
• Une fois vos idées rassemblées, organisez-les suivant un ordre logique :
– il faut respecter l'ordre chronologique des événements : votre plan ne doit pas revenir en arrière au bout d'un moment ;
– il faut respecter l'ordre logique : causes—caractères—conséquences ; ne commencez pas par la fin, même si vous connaissez mieux les conséquences que les causes.
• Votre plan détaillé au brouillon doit faire apparaître 2 ou 3 grandes parties, à l'intérieur desquelles vous devez distinguer 2 ou 3 paragraphes, correspondant chacun à une idée précise.

b) Si vous avez choisi le commentaire de documents :
• Le plan vous est fourni par les questions posées. Il faut donc noter au brouillon vos grandes idées et vos connaissances sur chaque question :
– repérez le passage du document correspondant à la question et résumez-en l'information ;
– notez au brouillon ce que vous savez pour expliquer cette information.

3. De 8 heures 45 à 9 heures 55 (un peu plus d'une heure)

• Vous avez un peu plus d'une heure pour rédiger directement au propre. Vos idées à présent sont claires et vos connaissances sont rassemblées au brouillon.
• Au moment où vous commencez à rédiger, regardez votre montre :
– calculez le temps qui vous reste sur les deux heures à consacrer au sujet ;
– divisez ce temps par le nombre de parties (dissertation) ou par le nombre de questions (commentaire de document).
Vous saurez ainsi à chaque fin de partie ou de question si vous êtes en avance ou en retard.
• Veillez à sauter plusieurs lignes entre chaque partie ou question.

4. De 9 heures 55 à 10 heures (5 minutes)

Relisez-vous. Éliminez les abréviations, les fautes d'orthographe, rajoutez les mots oubliés.

Comment travailler ?

A) La mémorisation

• L'histoire est d'abord une épreuve de mémoire. Or chaque personne a sa propre manière de faire fonctionner sa mémoire : il n'y a donc pas de recette-miracle.
– La mémoire peut être auditive : certains apprennent mieux un cours en le relisant à voix haute.
– La mémoire peut être visuelle : certains apprennent mieux en photographiant dans leur esprit les pages du cours.
– La mémoire peut être scripturale : certains apprennent mieux en recopiant leur cours ou en le relisant un stylo à la main pour le résumer sur une feuille à part.
• Toutefois, il existe des points communs à toutes les formes de mémoire :
– Mémoriser, c'est à la fois apprendre et comprendre. On oublie très vite ce qu'on apprend par coeur sans le comprendre.
– La mémoire s'use, il faut l'exercer. Il faut revoir plusieurs fois dans l'année ce qu'on a appris depuis le début.
• Apprendre ne suffit pas, il faut être capable d'utiliser ce qu'on a appris. L'exercice le plus efficace consiste à se mettre dans les conditions de l'épreuve :
– apprenez un chapitre, puis rangez votre cours ;
– choisissez un sujet de dissertation ou de commentaire de document parmi ceux qui vous sont proposés ici ;
– donnez vous une heure pour préparer un plan détaillé et faire la liste des principales connaissances nécessaires pour traiter le sujet ;
– puis vérifiez dans votre cours que vous n'avez pas d'erreurs.

B) La logique

• L'histoire est une matière littéraire : il faut écrire de manière claire et compréhensible. Le raisonnement doit apparaître très facilement, tout doit être expliqué. Pour cela, il est indispensable de préparer un plan.
• Pour faire un plan clair, il faut suivre les règles de la logique :
– regrouper les connaissances qui vont ensemble, dans une même partie,
– séparer des arguments contraires,
– commencer par le début de la période et finir par la fin (les dissertations supposent très souvent un plan chronologique),
– savoir distinguer ce qui est une cause (début) et ce qui est une conséquence (fin),
– savoir distinguer ce qui est général (début) et ce qui est précis (fin).


CONSEILS GÉNÉRAUX POUR L'ÉPREUVE D'HISTOIRE-GÉOGRAPHIE AU BACCALAURÉAT


I - LE TRAVAIL EN COURS D'ANNÉE EST DÉTERMINANT

1. Il doit être régulier, constant, car il est illusoire de compter sur une vision rapide des questions au programme, en fin d'année, à l'aide de corrigés ou de «mémos» qui ne peuvent donner que des idées directrices, souvent trop générales.

2. Rien ne peut remplacer une présence active en cours et une écoute attentive des conseils de méthode, qui sont dispensés par le professeur.
3. On facilitera grandement le travail des révisions en réalisant régulièrement des fiches de travail, par exemple, de courtes biographies (de Gaulle, Staline, Kennedy...) ou des plans rapides sur des sujets «classiques» (la décolonisation, l'agriculture chinoise...).
En résumé, il s'agit de se préparer activement afin qu'au mois de juin on ait assimilé, véritablement, un programme très vaste.

II - LES CONNAISSANCES ACQUISES DOIVENT ÊTRE MISES EN VALEUR PAR UNE RÉDACTION AUSSI SOIGNEE QUE POSSIBLE

1. L'histoire et la géographie étant des disciplines littéraires, on attend des candidats qu'ils écrivent correctement. Les «phrases» sans sujet, ou sans verbe, l'absence de ponctuation, une orthographe inexistante (y compris les noms propres et les termes étrangers...) sont très sévèrement jugés. Vous pouvez prendre l'habitude de vous relire dès que vous avez rédigé un paragraphe avant de poursuivre plus avant. En histoire, l'un des problèmes principaux est celui de la concordance des temps. Si vous n'arrivez pas à maîtriser les différents temps (passé simple, imparfait, passé du subjonctif...) vous pouvez utiliser le présent (qu'on appelle en l'occurrence le «présent historique ») et vous devez absolument éviter le futur immédiat («il va... ils vont... »...).

2. La dissertation ou le commentaire doivent être clairement organisés. L'absence de plan, comme dans les autres disciplines, n'est pas admise par les correcteurs. Pour faire apparaître clairement la démarche adoptée et annoncée dans l'introduction, il faut «aérer » la rédaction, laisser par exemple deux lignes entre l'introduction et la première partie, entre deux parties et entre la dernière
partie et la conclusion. Chaque partie doit être elle-même composée de plusieurs paragraphes exposant les différents aspects de l'idée principale, qui constitue le fil directeur de cette partie ; et la fin de chaque partie doit assurer la transition avec la phrase suivante.
En bref, il importe de rédiger de telle sorte qu'une personne « non informée» puisse comprendre votre raisonnement, qui se doit donc d'être clair et correctement exprimé et ne pas comporter de phrases allusives : soyez toujours précis (date, définition de termes, localisations...).

III - LA DURÉE ET LA NATURE DE L'ÉPREUVE IMPOSENT DES CONTRAINTES PARTICULIÈRES

En histoire et en géographie vous sont proposés trois sujets : deux dissertations et un commentaire de document. L'épreuve dure 4 heures et il faut traiter un sujet d'histoire et un sujet de géographie, parmi les six proposés.

1. Pour choisir les sujets que l'on va traiter, il suffit d'appliquer les principes suivants :
— lire plusieurs fois les sujets, les documents proposés, les questions s'y rapportant pour être sûr que son choix porte bien sur celui que l'on connaît le mieux. Cette précaution évite de changer de sujet en cours d'épreuve... ;
— ne pas choisir le commentaire de documents pour la seule raison que l'on pense pouvoir «dire quelque chose» en répétant sous une autre forme le document. Le correcteur n'en sera jamais dupe.

2. Enfin, la maîtrise du temps (4 heures c'est court !) suppose une organisation et une discipline particulières. Il faut prendre l'habitude de réfléchir, préparer, rédiger montre en main ! Nous vous conseillons de répartir aussi équitablement que possible le temps, dont vous disposez, entre l'histoire et la géographie. Ainsi vous devez rédiger une dissertation ou un commentaire en histoire en 2 heures environ. Si les sujets sont distribués à 14 h, cela peut donner le parcours suivant :
— 14h 00 : distribution des sujets.
— 14 h 10 : le sujet d'histoire (ou de géographie) doit être choisi.
— 14 h 30 : le plan doit être fait.
— 14 h45 : l'introduction et la conclusion sont rédigées au brouillon. La rédaction véritable sur copie peut commencer. Si votre plan comporte deux parties cela signifie que vous disposez d'environ 30 mn pour rédiger une partie (ou de 20 mn si le plan comporte trois parties).
— 15 h 20 : l'introduction et la moitié du développement doivent être rédigées.
— 15 h 55 : la rédaction est achevée.
— 16 h 00 : la (re)lecture pour corriger l'expression est terminée.
Il ne s'agit là, bien sûr, que d'indications, mais chaque candidat doit savoir le jour de l'épreuve combien de temps en moyenne il lui faut pour choisir son sujet, rédiger une introduction ou faire un plan. Ainsi il saura en rédigeant s'il doit se contenter d'aller à l'essentiel (parce qu'autrement il ne pourra finir) ou s'il peut préciser davantage ses pensées. Bien sûr, il s'agit là «d'automatismes» qui s'acquièrent en participant aux «bacs blancs» proposés en cours d'année.

CONSEILS POUR LA DISSERTATION EN HISTOIRE ET EN GÉOGRAPHIE


I. L'INTRODUCTION ET LA CONCLUSION MERITENT BEAUCOUP DE SOIN, car elles vont déterminer la première et la dernière impression du correcteur. Aussi vaut-il mieux les rédiger toutes deux au brouillon, après avoir réalisé son plan.

1. L'introduction comporte trois éléments : l'énoncé du sujet, la problématique (la question implicitement contenue dans le sujet) et l'annonce du plan qui est alors une manière d'éclaircir cette problématique.
L'introduction dégage la signification du sujet en définissant les termes du libellé, en justifiant les «bornes» chronologiques ou spatiales proposées (il faut en proposer si le sujet ne le fait pas), ceci devant permettre d'éviter les hors-sujet. Elle doit échapper à la digression, se garder de vagues généralités et surtout se distinguer nettement des introductions du style de celles des «romans-feuilletons» (résumé des « épisodes» précédents).

2. La conclusion est un bilan. Au terme d'une analyse, vous devez dégager les idées essentielles : c'est l'aboutissement de votre raisonnement. Éventuellement, on peut élargir le sujet dans le temps ou dans l'espace, parfois, par une question. Dans la conclusion ou l'introduction ne posez surtout pas de fausse question. Les «prophéties» en conclusion sont, elles aussi, peu appréciées.

II - LES DIFFÉRENTS TYPES DE PLAN que nous vous présentons s'efforcent de correspondre aux différents types de sujets proposés. Il va de soi que nous avons choisi de traiter les sujets qui nous semblaient réserver le plus de difficultés aux candidats. Quel,que soit le sujet proposé, évitez autant que faire se peut le «plan à tiroirs» (Economie, Société, Politique...). Apprenez à reconnaître les différents types de sujets.

EN HISTOIRE

1. Le sujet-tableau : exemple : « tableau de l'Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ». La construction du plan peut partir du principe qu'une année est un point d'aboutissement et un point de départ. Le plan doit mettre en valeur les mutations et leurs causes.

2. Le sujet-évolution : exemple : «les rapports soviéto-américains de 1945 à 1975 ». Le plan doit s'efforcer de reconstituer les étapes d'une évolution, il sera donc chronologique (« situation de départ», évolution, «situation d'arrivée») et non thématique, sauf s'il n'y a pas de coupure nette.
3. Le sujet comparatif: exemple: «comparer les décolonisations française et anglaise».
Plusieurs plans sont possibles : l'un des plus simples consiste à mettre en parallèle les situations de départ (ire partie), les aspects (2e partie) et les conséquences (3e partie). Un plan interdit: celui qui étudie successivement les termes de la comparaison (exemple : 1. la décolonisation française ; 2. la décolonisation anglaise).

4. Le sujet biographique : exemple : «de Gaulle, 1945-1969 ». Ce type de sujet exige des connaissances précises, mais il ne faut pas tomber pour autant dans l'anecdotique. Il se rapproche en fait du sujet-évolution, car il s'agit de marquer les étapes d'un destin individuel et aussi celles de l'évolution du rôle d'un homme dans l'Histoire.
Un plan possible :
-- le chef du Gouvernement provisoire (1945) ;
— le chef de l'opposition de droite à la IVe République (1946-1958) ;
— le fondateur et le président de la Ve République (1958-1969).

5. Le sujet analytique:
Deux priorités s'imposent :
— respecter la chronologie ;
— partir de l'important pour aller vers le moins important. Premier exemple : « La décolonisation» :
— les causes ;
— les faits ;
— les conséquences.
Deuxième exemple: «Les causes de la Guerre froide»:
— les causes lointaines ;
— les causes immédiates ;
— «l'engrenage».

6. Le sujet typologique : exemple « les décolonisations ». Remarquez que ce sujet est très différent de la «décolonisation». Le pluriel indique qu'il faut souligner les différences entre les modes de décolonisation et que les origines et les conséquences de la décolonisation doivent être présentées rapidement (en introduction et en conclusion).
Plan possible :
— des décolonisations réussies ;
— des décolonisations dramatiques «entre la guerre et la paix»;
— des guerres d'indépendance.

7. Les sujets comportant «dans» ou «et»: exemple: «L'U.R.S.S. et les démocraties populaires de 1945 à 1989».
Il faut traduire correctement le sujet en une question en se rappelant que le premier terme est le plus important. La question principale n'est pas évidemment «quelles sont les influences des démocraties populaires sur l'U.R.S.S.?» mais «quel est le rôle de l'U.R.S.S. dans l'évolution des démocraties populaires?» Un des plans possibles est chronologique :
— l'U.R.S.S. satellise les démocrates populaires (45-53) ;
— l'U.R.S.S. contrôle plus souplement les démocraties populaires (53-89). —l'U.R.S.S. accepte la fin des «démocraties populaires» (89).

EN GÉOGRAPHIE

1. Le sujet analytique: il porte sur un secteur de l'économie (l'agriculture), l'industrie, les transports...) ou sur la population d'un pays.
Premier exemple : l'agriculture américaine :
I - Le grenier du monde.
II - Les bases de la puissance agricole américaine.
III - Les problèmes d'une agriculture dépendante.
Deuxième exemple : l'industrie soviétique :
— les bases d'une industrialisation rapide ;
— des productions massives, mais un bilan déséquilibré ;
— une puissance qui n'est pas à l'abri des problèmes.

2. Le sujet comportant «dans» ou «et»: exemple : le Japon et l'aire pacifique. Il faut traduire correctement en une question : Quelles sont les relations entretenues par le Japon avec les pays riverains du Pacifique et en quoi celles-ci influencent-elles l'économie japonaise ?
Un des plans possibles :
-- des relations nécessairement privilégiées par la nature et l'histoire ;
— le Japon réorganise l'aire pacifique ;
— des rivages inégalement privilégiés.

3. Le sujet typologique : exemple : «Un ou des Tiers Monde?».
Dans un tel sujet, le plan est suggéré par les termes mêmes du libellé. Le premier plan possible consiste, en effet, à rappeler les caractères communs qui font l'unité du Tiers Monde (1er partie), puis à exposer, en les classant selon une ou plusieurs typologies, les facteurs qui différencient les pays du Tiers Monde (2e partie). Un autre plan est souvent admis : 1. Les critères communs ; 2. Les facteurs de différenciation; 3. Une typologie.

4. Les sujets «forces et faiblesses» ou «atouts et handicaps» : exemple : «forces et faiblesses de l'agriculture soviétique ».
Premier plan possible : il s'appuie sur les traits dominants de l'agriculture soviétique, pour lesquels on analyse comparativement les atouts et les handicaps :
— les conditions naturelles expliquent en partie l'inégale mise en valeur de l'espace, la variété mais aussi l'irrégularité des productions ;
— le poids des interventions humaines et à la fois une force et un frein au développement des productions agricoles;
— les résultats sont controversés : une production massive mais insuffisante. Un deuxième plan possible :
— les forces ;
— les faiblesses et handicaps ;
— un bilan.

5. Le sujet comparatif: exemple: «Comparez l'agriculture américaine et l'agriculture soviétique». Comme en histoire, le plan interdit est l'étude successive des deux termes et de la comparaison (1. l'agriculture américaine ; 2. l'agriculture soviétique). En géographie, la démarche la plus simple, et la plus classique, consiste d'abord à décrire, puis à expliquer, enfin à dégager les problèmes. Aussi, à l'intérieur de chaque partie, convient-il de mettre en évidence les points communs et les différences.
Plan possible :
— les deux premières agricultures du monde :
— pourquoi et comment ;
— des problèmes différents.

6. Les sujets centrés sur l'organisation de l'espace : par exemple : « les conditions naturelles et humaines de l'organisation de l'espace des États-unis ». Ce type de sujet, difficile mais éminemment géographique, suppose des connaissances préalables et maîtrisées de l'ensemble de la géographie d'un pays. Ici, s'il convient de traiter les conditions naturelles et humaines de façon prioritaire, comme y invite le libellé, l'établissement d'une typologie est indispensable. Un plan possible est :
— les trames naturelles de l'espace américain ;
— l'homme organise l'espace ;
— typologie de l'espace américain.
En résumé, on retiendra que les sujets impliquent des plans très diversifiés, et que seule une lecture attentive du sujet permet de déterminer quel est le plan le plus adapté.
Pour que les pages qui suivent vous soient vraiment profitables, nous vous conseillons de lire le sujet et d'essayer immédiatement de trouver un plan sommaire. Ensuite seulement prenez conscience du corrigé, observez les différences et essayez d'en comprendre les raisons.

CONSEILS POUR LE COMMENTAIRE DE DOCUMENTS

CE TYPE DE SUJET CORRESPOND:

— En géographie, au commentaire de plusieurs documents : statistiques, textes, graphiques, cartes, photographies, diagrammes, dessins, affiches.
— En histoire, le plus souvent à un commentaire de texte, rarement à un commentaire de statistiques, de courbes, de cartes, d'affiches publicitaires ou de caricatures.
Beaucoup de candidats le choisissent car ils sont rassurés par la présence de documents qu'ils espèrent expliquer en les répétant. Il s'agit d'une illusion car le commentaire exige des connaissances et de la méthode. Aussi ce type de sujet donne-t-il souvent de mauvais résultats. Vous devez, en conséquence, vous entraîner au cours de l'année pour maîtriser la technique du commentaire, à l'aide des conseils suivants.

I - PRÉPARATION

— Attention au titre ! Il indique souvent l'idée essentielle.
— Relire le ou les documents, après avoir pris connaissance des questions, car celles-ci peuvent indiquer une direction que vous n'aviez pas aperçue lors de la première lecture.
— Rechercher les idées principales de chaque document et en dégager la spécificité (par exemple : une carte des densités indique une répartition spatiale de la population; des courbes montrent des évolutions...).
— Numéroter les lignes d'un texte de 5 en 5 pour faire facilement les citations.
— Encadrer les expressions, les phrases que vous citerez in extenso, pour une analyse approfondie.
— Au brouillon, classer les citations d'un texte en fonction des thèmes que vous expliquerez, si vous avez choisi le commentaire libre, ou des questions, si vous avez choisi la seconde solution.
— Rédiger entièrement l'introduction et la conclusion au brouillon.

II - INTRODUCTION ET CONCLUSION

1. L'introduction doit présenter le ou les documents et indiquer quelle démarche est adoptée. En d'autres termes, une bonne introduction doit toujours dire quelle est leur nature (mémoire, article de journal, statistiques, courbes, cartes...), la date, le contexte historique ou politique (parfois double contexte, celui de la rédaction du texte et celui de sa parution). L'origine des documents statistiques revêt aussi une grande importance : elle peut expliquer l'absence d'informations (cas du taux de mortalité infantile soviétique), ou leur fiabilité douteuse (cas des P.M.A.). Enfin, vous devez indiquer les idées principales qui se dégagent à la lecture des documents (attention : donner le fil conducteur ne signifie pas recopier les questions de l'énoncé) : ceci doit vous permettre de construire un plan, si on vous donne la possibilité de choisir un commentaire composé. Remarque : beaucoup d'énoncés invitent les candidats à répondre directement à des questions, en particulier en géographie ; sachez toutefois que l'introduction est très utile et qu'elle sera appréciée par le correcteur.

2. La conclusion, que la dernière question vous y invite ou non, doit apparaître clairement. C'est l'heure de dresser le bilan, de souligner l'intérêt historique ou géographique du ou des documents et, éventuellement, d'élargir le sujet.

III - QUELQUES PIÈGES À ÉVITER

1. Le premier est celui de la dissertation. Le candidat a des connaissances et veut à tout prix les utiliser en négligeant de faire référence aux documents. Insensiblement, son discours devient hors-sujet.

2. Le deuxième est celui de la paraphrase. Le candidat a peu de connaissances ou ne sait pas les utiliser. Il répète les documents sous une autre forme ou parfois même les recopie en partie, en perdant de vue que seules les connaissances extérieures aux documents permettent de tout expliquer (dates, allusions...).

3. Le troisième est une mauvaise lecture des statistiques. Très souvent commise en géographie, cette erreur obère généralement la pertinence du développement. Par exemple, il ne faut pas confondre évolution et accroissement (une évolution peut être négative). Un autre exemple est significatif : selon un document, la part des produits agricoles dans les exportations américaines est passée, en 16 ans, de 25,8 % à 21 %, tandis que la valeur totale des exportations des E.-U. passait de 26,5 à 229,6 milliards de $ ; il convient alors de remarquer que la valeur des exportations agricoles a augmenté, bien que leur poids relatif se soit amenuisé.

IV - QUELQUES PRINCIPES

Que le commentaire soit libre ou non, il importe d'appliquer les principes suivants:
— ne choisir ce type de sujet que si l'on connaît bien la question ;
— ne pas se limiter au questionnaire, qui parfois n'invite pas à tout expliquer. Aujourd'hui, les sujets de type II sont accompagnés plus souvent de «guides» que de véritables questions : vous devez vous en servir pour organiser votre développement :
— citer le ou les textes en se servant les guillemets, ou, si le temps fait défaut, en indiquant les lignes auxquelles on fait référence ;
— faire preuve d'esprit critique, sans parti pris systématique, cependant. Utilisez vos connaissances pour voir quelles sont les forces ou les faiblesses du raisonnement de l'auteur du document, son originalité ou non; ceci montrera l'étendue de vos connaissances, de votre réflexion et donc de votre culture. En un mot, faites preuve d'intelligence.

 

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